
Bonjour tout le monde ! Me voici aujourd'hui, avec un nouveau rendez-vous, mais que je ne ferai pas toutes les semaines. Je le ferai au gré de mes envies et de mes trouvailles. Ce rendez-vous a été créé par Arcaalea ^^


J'allais parfois me cacher dans mon refuge de bûches parfumées, je songeais à tout ce que ma mère attendait de moi, et je me mettais à pleurer, longuement, silencieusement : je ne voyais pas du tout comment j'allais pouvoir me retourner.
Je revenais ensuite à la maison, le coeur gros, et j'apprenais encore une fable de La Fontaine : c'était tout ce que je pouvais faire pour elle. (p.103)
On s'est aperçu sans doute déjà que je ne me sépare pas facilement de ce qui m'est cher, et l'idée d'abandonner ma veste de cuir en Afrique m'était très pénible. Jamais je n'en avais eu autant besoin qu'à ce moment. Elle était une enveloppe familière et protectrice, une carapace qui me donnait un sentiment de sécurité et de dureté et, en m'aidant à camper une silhouette légèrement menaçante, résolue, un peu dangereuse même pour tous ceux qui oseraient s'y frotter, elle me permettait, en somme, de passer inaperçu. Je ne devais cependant jamais la revoir. Arrivé au cantonnement, dans la chambre que j'avais occupé, je ne vis qu'un clou vide : la veste était partie.
Je m'assis sur le lit et me mis à pleurer. Je ne sais combien de temps je pleurai ainsi, en regardant le clou vide. A présent, on m'avait vraiment tout pris. (p.318).
![]() |
| © Clairdelune |








Eidan lâcha son texte et son visage se déforma, comme submergé par la douleur. Ses yeux s'élargirent, trop noirs, baignés de larmes.
- Je t'aime, tu le sais, je n'aurais jamais fait une chose pareille, tu dois me croire !
Je me figeai, indécise. Ce n'était pas dans le texte. Mais Eidan continuait à parler, il semblait en transe, comme s'il voyait autre chose, une situation qui n'était pas celle de notre scène, mais qui se superposait à la réalité.
- Il n'y a rien à expliquer, Anaïa. Tout ça...
Il fit un geste de la main gauche qui engloba nos des personnes, l'habitacle de la voiture et l'univers qui devait encore exister quelque part derrière le mur d'eau.
- Tout ça... c'est la vie. Ta vie. Tu dois juste te souvenir.
Mon corps s'embrasait, mon sang bouillonnait, j'avais l'impression que, si quelqu'un me touchait, j'allais prendre feu, là, maintenant. Curieusement, ce n'était pas désagréable, je me laissais envahir par la langueur cuisante qui naissait dans le creux de mon ventre, s'étendait dans mes membres, remontait dans mon cou, jusqu'à la racine de mes cheveux.